Le Réalisme

 

Qu’est-ce que le réalisme ?

 

Le réalisme (1848-1865) caractérise une attitude de l’artiste face au réel. Il définit un type de littérature qui veut représenter le quotidien, au plus près du vécu, en puisant dans les choses vues sans omettre le banal. Il existe des formes artistiques et littéraires de réalisme dès l’Antiquité. Ainsi, le mouvement réaliste qui débute à partir de 1848 n’est qu’une tentative parmi tant d’autres de traduction du réel. Il est historiquement fondé sur la volonté d’affronter le contemporain, le désir de s’ouvrir à tous et le refus du beau style.

Le réalisme est l’un des mouvements le plus paradoxal. Il n’a laissé en effet aucune œuvre à la postérité, mais se sont inscrits les plus grands romanciers comme Honoré de Balzac, George Sand, Stendhal ou encore Gustave Flaubert qui n’ont jamais revendiqué cette étiquette. Les initiateurs du réalisme sont Edmond Duranty avec la revue manifeste Réalisme, de 1856-1857 et Champfleury dans deux articles parus dans Le Figaro de 1856 et dans un volume intitulé Le Réalisme de 1857 (auteurs mineurs).

La naissance du Réalisme est liée avec la désillusion politique de 1848 et l’établissement du régime autoritaire du Second Empire. Né alors le projet réaliste de tout montrer, même l’exploitation et la misère qui apparaîtra en peinture avec Gustave Courbet (Les casseurs de pierres (1849) et Un enterrement à Ornans (1849-1850) ainsi que Camille Coraux. L’atelier de Courbet deviendra le lieu de réunion des instigateurs du réel.

Mais le réalisme au XIX° siècle, avant même l’apparition du mouvement officiel, est illustré par des écrivains contemporains de l’époque romantique : Victor Hugo, mais surtout Stendhal et Balzac. Par exemple, le Rouge et le Noir (1830) de Stendhal est inspiré d’un fait divers paru dans la Gazette des tribunaux en 1828 tandis que Madame Bovary de Flaubert retrace un autre fait divers.

Le roman réaliste est censé s’apparenter à un miroir reflétant le réel. Balzac, seul véritable auteur réaliste, a consacré l’œuvre de sa vie (La Comédie Humaine – 91 romans écrits entre 1826 et 1850). Il avait pour ambition de faire concurrence à l’Etat-civil dans ses descriptions de lieux (souvent des régions françaises délaissées par d’autres auteurs), des classes sociales (plus de 2000 personnages) et des périodes historiques (Révolution (les Chouans), époque impériale (Colonel Chabert), Restauration (Le père Goriot), Monarchie de juillet...

Gustave Flaubert se trouve être un acteur du réalisme malgré lui. En effet, son souci du détail le poussa à consulter plus de 1500 ouvrages rien que pour la rédaction de Bouvard et Péruchet, alors qu’il se proclamé contre se mouvement. Selon lui, la retranscription du réel en littérature n’est qu’une utopie. Il sera cependant conduit en justice pour le procès de Madame de Bovary (1857) jugé comme une offense faite aux conventions sociales.

Le mouvement sera au final un échec qui s’explique par la simplicité de la doctrine et l’absence de chef de fil. Il sera suivit cependant par le naturalisme de Zola...

Publié dans : Mouvements et méthodes
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