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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 21:59



Le Théâtre de l’absurde et le Nouveau Roman

 

Qu’est ce que le théâtre de l’absurde et le Nouveau Roman ?

 

Dans les années 1950, le théâtre de l’absurde né des controverses d’après-guerre qui touchent les fondements mêmes de la littérature (langage, personnage, temps, espace...). Certains auteurs comme Samuel Beckett, Eugène Ionesco, Jean Genet ou Arthur Adamov, s’illustrent dans ce nouveau genre. Une expérience comparable touche le roman, créant ainsi le Nouveau Roman avec Nathalie Sarraute, Marguerite Duras, Samuel Beckett, Alain Robbe-Grillet, Michel Butor et Claude Simon.

 

Le traumatisme de la Seconde Guerre Mondiale suscite chez les intellectuels un débat essentiel, l’écrivain doit-il s’engager dans le débat politique et public pour éviter que de pareilles horreurs ne se reproduisent ? D’autant plus que beaucoup d’écrivains viennent de vivre des expériences affreuses qui vont contribuer à l’apparition d’une littérature de la dérision. De plus, la culture américaine tant à s’imposer dans un contexte de Guerre Froide, laissant perplexe les auteurs du théâtre de l’absurde et du Nouveau Roman.

 

Alfred Jarry avec Ubu roi (1896) qui n’hésite pas à agresser le public pour que celui-ci sort choqué du théâtre (attaque contre les normes morales et linguistiques, contre les valeurs établies, contre l’esprit logique et le sens du réel) ainsi qu’Antonin Artaud qui préconise un théâtre de cruauté, sont les précurseurs du théâtre de l’absurde.

Le 16 mai 1950 a lieu la première représentation de La cantatrice chauve de Ionesco, s’en suit La Grande et la petite Manœuvre d’Arthur Adamov (11 novembre 1950) et En attendant Godot de Samuel Beckett (3 juin 1953). Les premières représentations ne firent pas d’émule mais une polémique (qui par le passé donna naissance à de grands mouvements) naissante mis en avant ce nouveau genre. En effet un journaliste, Jacques Lemarchand, lança l’appellation « théâtre de l’absurde », nom qui fut adopté. La reconnaissance de se théâtre se fera lentement allant des petits théâtres d’art et d’essai aux grandes salles parisiennes. Cependant, ce mouvement ne possède pas de manifeste.

Le théâtre de l’absurde se caractérise par la disparition de l’histoire (les situations n’évoluent pas), la crise du personnage (présenté comme un pantin qui perd parfois son identité) et un certain tragique de la conscience (solitude, souffrance, absurdité de la condition humaine). Il dénonce la société sur un ton plein de dérision et d’humour noir (permettant de sauver les pièces du désespoir absolu).

 

Le Nouveau Roman quand a lui, est issus d’un scandale. En effet, en 1955, Allain Robbe-Grillet déclenche la polémique avec son roman Le Voyageur qui divise le jury de critiques littéraires. L’appellation provient d’un opposant au mouvement, Emile Henriot. Contrairement au théâtre de l’absurde, il existe des manifestes pour le Nouveau Roman comme L’ère d’un soupçon de Nathalie Sarraute en 1956, Pour un nouveau roman en 1963 par Alain Robbe-Grillet et Essais sur le roman en 1964 de Michel Butor.

Le Nouveau Roman se caractérise pas un refus : refus des personnages traditionnel (perte de patronyme et donc d’identité) et refus de l’histoire (inexistence d’intrigues). Le mode de narration change, il devient surtout externe, voire interne dans de rares cas.

 

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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 21:56



Le surréalisme

 

Qu’est-ce que le surréalisme ?

 

Le surréalisme (1918-1939) est un mouvement artistique qui naît dans les années 1920 autour de quelques fortes personnalités : André Breton, Louis Aragon, Philipe Soupault, Robert Desnos, Paul Eluard, René Crevel, Michel Leiris, Benjamin Péret, Roger Vitrac, René Char. Son objectif est de libérer l’imagination, de faire appel à l’inconscient pour trouver de nouvelles expressions artistiques, de se révolter contre les valeurs bourgeoises qui ont rendus la première guerre mondiale possible.

Le projet surréaliste se définit par un effort de synthèse du poétique et du politique : c’est un choix dans l’existence personnelle et sociale, c’est la construction d’une éthique.

Les auteurs surréalistes  se sont ralliés avec enthousiasme au parti communiste mais la plupart d’entre eux s’en sont par la suite éloignés en clamant leur indignation (Retour d’URSS de André Gide en 1937).

Le surréalisme se retrouve aussi bien dans la peinture avec notamment Marcel Duchamp, René Magritte et Max Ernst mais aussi au cinéma, tout nouveau à l’époque, avec Man Ray, Antonin Artaud, Marcel Duchamp etc. Le mouvement surréaliste se développe en parallèle avec le mouvement pictural du DADA, qui se base sur la dérision.

Le surréalisme revendique de nombreux précurseurs, mais on peut ce pendant noter Arthur Rimbaud et Guillaume Apollinaire, se dernier étant le premier à utiliser ce mot.

Le Premier Manifeste du surréalisme sera écrit en 1924 par André Breton qui repose sur les théories freudienne de l’inconscient.

 

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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 21:53



Le Parnasse et le Symbolisme

 

Qu’est ce que le Parnasse est le Symbolisme ?

 

Le Parnasse et le Symbolisme sont deux mouvements poétiques qui se sont succédés dans la seconde moitié du XIX°siècle. Ces deux mouvements ont en commun leur indifférence aux suffrages de la foule, leur désengagement politique et leur profond souci de la forme.

 

Le Parnasse (1862-1880) se réunit autour de Leconte de Lisle et se voue au culte d’un beau très formel, lié aux formes antiques et aux cultes de l’histoire. Il prend en compte les progrès scientifique car il sera influencé par le positivisme. Les principaux précurseurs du Parnasse sont Théophile Gautier (« Il n’y a de vraiment beau que ce qui ne peut servir à rien ; tout ce qui est utile est laid ») et Victor Hugo (pour les Orientales)

Le Symbolisme (1886-1898) est à la fois une réaction contre le Parnasse et sa continuité. Il fait du symbolisme la condition même de l’art. Il décide de suggérer plutôt que de nommer et libère le vers du moule classique célébré par les parnassiens. Il fut lancé par le manifeste de Jean Moréas dans le Figaro du 18 septembre 1886. On retrouve le symbolisme dans d’autres arts, notamment en musique avec Richard Wagner et Claude Debussy

 

L’étonnant est que les plus grands poètes de la seconde moitié du XIX°siècle ; Charles Baudelaire, Stéphane Mallarmé, Paul Verlaine, Arthur Rimbaud, on écrit en marge du Parnasse et du symbolisme, sans vraiment y adhérer.

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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 21:51



Le Naturalisme

 

Qu’est-ce que le naturalisme ?

 

Dans la continuité du réalisme, le naturalisme (1865-1893) est un mouvement littéraire qui prône, à partir de l’observation, de l’enquête et de la documentation, une étude et une description exactes du réel. Le naturalisme se nourrit des changements politiques, sociaux, scientifiques (notamment médicale) et artistiques de son époque. Une autre de ses innovations est d’avoir voulu, au nom de la vérité, décrire toutes les classes du peuple. Le chef d’école de ce mouvement et son principal acteur est Emile Zola, avec Les Rougon-Macquart, œuvre composée de 20 romans de 1871 à 1893.

Le naturalisme se développe lors de la III° République, lors de nouveaux phénomènes économiques consécutifs à la révolution industrielle. Les naturalistes, notamment Zola, sont très tôt conscients de l’injustice sociale et se font les avocats du peuple dans leurs romans.

Mais ce mouvement littéraire se développe parallèlement aux autres arts, notamment avec les peintres Paul Cézanne et Edouard Manet.

Le naturalisme prend son élan en 1865 avec trois événements : la parution de L’introduction à la médecine expérimentale de Claude Bernard, la publication par les frères Goncourt de Germinie Lacerteux et l’article que Zola lui consacre dans Le Salut public de Lyon du 24 février 1865.

Suite au succès de Zola grâce au Rougon-Macquart, le naturalisme connaît sa période triomphale à partir de 1877. Ce mouvement attire des écrivains provinciaux comme Joris-Karl, Octave Mirbeau et Guy de Maupassant. Les maîtres du naturalisme étant Flaubert, les Goncourt et Zola (Balzac et Flaubert sont les précurseurs).

En 1880 et 1881, Zola publie les écrits théoriques du mouvement : Le Roman expérimental, Les Romanciers naturalistes. Mais cette théorisation trop rigide sera vivement contestée par certains auteurs naturalistes, si bien que Zola lui-même prendra ses distances en 1891.

Les thèmes majeurs traités tournent autour de l’exploration des milieux sociaux et notamment du peuple, de l’adultère, du mauvais ouvrier et de l’instinct de l’Homme (désir, peur, violence). Il se nourrit de tabous et du scandale. Une des différence majeure entre le réalisme et le naturalisme est que se dernier décrit le monde du travail tandis que le premier illustre la bourgeoisie.  Les sujets sont plus banaux, la focalisation objective (interne) et le discours permet de rendre compte du langage sans dénaturer le style (indirect libre).

Le naturalisme laissera ensuite place au symbolisme.

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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 21:49



Le Réalisme

 

Qu’est-ce que le réalisme ?

 

Le réalisme (1848-1865) caractérise une attitude de l’artiste face au réel. Il définit un type de littérature qui veut représenter le quotidien, au plus près du vécu, en puisant dans les choses vues sans omettre le banal. Il existe des formes artistiques et littéraires de réalisme dès l’Antiquité. Ainsi, le mouvement réaliste qui débute à partir de 1848 n’est qu’une tentative parmi tant d’autres de traduction du réel. Il est historiquement fondé sur la volonté d’affronter le contemporain, le désir de s’ouvrir à tous et le refus du beau style.

Le réalisme est l’un des mouvements le plus paradoxal. Il n’a laissé en effet aucune œuvre à la postérité, mais se sont inscrits les plus grands romanciers comme Honoré de Balzac, George Sand, Stendhal ou encore Gustave Flaubert qui n’ont jamais revendiqué cette étiquette. Les initiateurs du réalisme sont Edmond Duranty avec la revue manifeste Réalisme, de 1856-1857 et Champfleury dans deux articles parus dans Le Figaro de 1856 et dans un volume intitulé Le Réalisme de 1857 (auteurs mineurs).

La naissance du Réalisme est liée avec la désillusion politique de 1848 et l’établissement du régime autoritaire du Second Empire. Né alors le projet réaliste de tout montrer, même l’exploitation et la misère qui apparaîtra en peinture avec Gustave Courbet (Les casseurs de pierres (1849) et Un enterrement à Ornans (1849-1850) ainsi que Camille Coraux. L’atelier de Courbet deviendra le lieu de réunion des instigateurs du réel.

Mais le réalisme au XIX° siècle, avant même l’apparition du mouvement officiel, est illustré par des écrivains contemporains de l’époque romantique : Victor Hugo, mais surtout Stendhal et Balzac. Par exemple, le Rouge et le Noir (1830) de Stendhal est inspiré d’un fait divers paru dans la Gazette des tribunaux en 1828 tandis que Madame Bovary de Flaubert retrace un autre fait divers.

Le roman réaliste est censé s’apparenter à un miroir reflétant le réel. Balzac, seul véritable auteur réaliste, a consacré l’œuvre de sa vie (La Comédie Humaine – 91 romans écrits entre 1826 et 1850). Il avait pour ambition de faire concurrence à l’Etat-civil dans ses descriptions de lieux (souvent des régions françaises délaissées par d’autres auteurs), des classes sociales (plus de 2000 personnages) et des périodes historiques (Révolution (les Chouans), époque impériale (Colonel Chabert), Restauration (Le père Goriot), Monarchie de juillet...

Gustave Flaubert se trouve être un acteur du réalisme malgré lui. En effet, son souci du détail le poussa à consulter plus de 1500 ouvrages rien que pour la rédaction de Bouvard et Péruchet, alors qu’il se proclamé contre se mouvement. Selon lui, la retranscription du réel en littérature n’est qu’une utopie. Il sera cependant conduit en justice pour le procès de Madame de Bovary (1857) jugé comme une offense faite aux conventions sociales.

Le mouvement sera au final un échec qui s’explique par la simplicité de la doctrine et l’absence de chef de fil. Il sera suivit cependant par le naturalisme de Zola...

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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 21:47



Le Romantisme

 

Qu’est-ce que le romantisme ?

 

Le romantisme (1820-1848) est un mouvement littéraire qui prône de laisser place à l’expression des sentiments et des sensations, en abolissant les règles strictes de la littérature classique et en jouant sur les contrastes. Il préconise la liberté et le naturel en art. Il s’exerce sur tous les genres : roman, poésie, théâtre.

Le romantisme avec son chef d’école (Victor Hugo), ses lieutenants (Théophile Gautier, Gérard de Nerval, Alexandre Dumas) et ses satellites (Alfred de Vigny, Alphonse de Lamartine, Jules Michelet), ses lieux de rencontre (Salon de la conciliation de Charles Nodier puis le salon de Victor Hugo, rue Notre-Dame-des-Champs, en 1827), ses batailles (première représentation d’Hernani qui opposa les auteurs romantiques aux auteurs classiques) est peut-être, avec le surréalisme, le seul véritable mouvement littéraire français. Le mouvement romantique se développe dans le sillage de la Révolution de 1789 dont la notion de DDHC revendique la singularité et l’originalité de chaque personne.

Le développement de ce mouvement survint lors d’une ère bourgeoise, entraînant chez les auteurs, « le mal du siècle ». Les auteurs ont en effet un capital intellectuel fort, mais peu de moyen d’action. Jean-Jacques Rousseau ouvre le préromantisme français avec Julie ou la Nouvelle Héloïse (1761), les Confessions (première autobiographie de 1782) etc. Il sera suivit de Madame de Staël qui introduit les influences romantiques allemande (De l’Allemagne de 1808-1810). Ensuite vint François-René de Chateaubriand, en 1802 avec René, puis plus tard avec Mémoires d’outre-tombe. Mais le romantisme au sens propre né en 1820 sous l’égide de Victor Hugo avec la Préface de Cromwell.

On note quelques thèmes récurrents comme le moi, l’amour malheureux ainsi que des décors : l’histoire, l’exotique ce qui à pour but de susciter chez le lecteur la dépaysement, le mystère.

Il influencera des personnalités fortes qui ne lui sont pas directement liés comme George Sand, Balzac et Stendhal.

 

Victor Hugo : Cromwell, Hernani, Ruy Blas...

Théophile Gautier (1811-1872) : Histoire du romantisme, Albertus (1832), Mademoiselle de Maupin (1835-1836)...

Gérard de Nerval (1808-1855) : Aurélia (1853), Pandora (1853-1854)...

Musset : Lorenzaccio (1834)

Alfred de Vigny : Chatterton (1835)

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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 21:46


HUMANISME

 

Qu’est-ce que l’humanisme ?

 

L’humanisme est un mouvement littéraire qui dura du début XV°s au milieu XVI°s. Sa doctrine à pour objet le développement des qualités de l’homme. Les humanistes de la renaissance ont remis en honneur les langues et littératures anciennes. Cette philosophie à pour centre de ses préoccupations « l’homme » ; sa place centrale, sa situation et sa destinée.

 

Des auteurs et des œuvres.

 

Né en 1416 en Italie, l’Humanisme s’étend vite à l’Europe entière, grâce aux campagnes italiennes et à l’invention de l’imprimerie par Gutenberg, qui diffuse les idéaux humanistes. Les principales figures de l’Humanisme sont : François Rabelais avec Gargantua , Montaigne, l’anglais Thomas More avec son roman politico-social Utopie , et surtout le hollandais Erasme de Rotterdam avec Traité du libre arbitre et l’Institution du prince chrétien.

 

BAROQUE

 

Qu’est-ce que le Baroque ?

 

Mouvement littéraire et architecture picturale qui succède au mouvement humaniste. Le mot baroque caractérise une période qui s’étend de 1570 à 1660. Loin de chercher la régularité dans leurs thèmes et dans leurs formes, les œuvres baroques cultivent le mouvement et l’instabilité. Les tendances flanelles du baroque traduisent une vision déchantée, voire tragique du monde, fortement influencée par les guerres de religions, la France entre 1648 et 1652, les épidémies et les famines, ainsi que les révoltes populaires. On peut distinguer plusieurs thèmes :

- La préciosité : (1650-1660) La philosophie de ce thème à pour centre un idéal féminin de raffinement, un art de la conversation.

- Le burlesque : (1640-1652) Le burlesque désigne une farce, une tromperie. Le burlesque provoque le rire mais un rire né du décalage, de la moquerie, de l’inversion. On distingue 3 nuances dans le burlesque :

  • La parodie
  • La satire
  • Le grotesque.

 

CLASSICISME

 

Qu’est-ce que le classicisme ?

 

Dans l’histoire littéraire Française, l’époque classique se limite à la période du règne de Louis XIV. Cette période est illustrée par Molière, La Fontaine, Boileau, Racine, Bossuet et La Bruyère. Ces écrivains, tout en gardant leur originalité propre, ont eût des tendances communes : Admiration des anciens, rigueur de la composition, recherche de naturel et du vraisemblable, goût de la juste mesure, finesse de l’analyse morale et psychologique, pureté et clarté de style. Les générations précédentes (Malherbe, Descartes, Corneille, Pascal) avaient préparés cette période.

Le classicisme, c’est une langue sobre et réglé, un langage codifié pour plaire, alliant qualités corporelles dont l’élégance, et vertes chrétiennes, faisant preuve de sensibilité et de délicatesse. Le classicisme est aussi évoqué sous le nom de « mouvement littéraire de l’honnête homme ».

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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 21:42


Fiche de méthodologie : La dissertation

 

I. Analyser un sujet de dissertation

 

Pour bien réussir un sujet de dissertation, il est nécessaire de bien connaître le ou les objets d’étude sur lesquels porte le sujet. De plus, il est également indispensable d’avoir des références personnelles applicables seulement après une analyse préalable du sujet.

Pour se faire, il est nécessaire de :

 

  • Lire attentivement le sujet pour mieux le comprendre. S’en suit des interrogations comme : qu’attend-on de l’élève ? Qu’est-ce que la consigne apporte au sujet ? Le sujet peut être sous la forme d’appréciation (l’élève doit alors chercher à discuter cette affirmation en mobilisant ses connaissances), de question (il faut alors discuter cette interrogation), de citation (suivie d’une consigne qui invite l’élève à se fixer des limites pour éviter le hors-sujet).

 

  • Repérer et analyser les notions importantes pour nous dégager quelques pistes d’analyse. Ainsi, bien que chaque mot a son importance, il est souhaitable de ne s’attarder que sur ce qui est essentiel à la réflexion. Analyser les notions importantes revient s’appuyer sur leur définition, ce qui nous conduira à se poser une série de questions, dégageant ainsi des pistes d’analyse (Quel message veut-on faire passer ? dans quel but ?...). Lorsque le sujet est long, il faut alors ôter tout ce qui est inutile au raisonnement (mais qui peut toujours servir pour délimiter le sujet).

 

  • Reformuler le sujet avec nos mots pour voir si celui-ci est bien compris.

 

  • Délimiter le sujet après l’avoir analyser, pour utiliser les connaissances requises sans risque de hors-sujet.

 

  • Rassembler et classer ses idées après s’être posé des questions (qu’elle est la visée de l’auteur ? comment réagit le lecteur ?)

 

  • Trouver une problématique à l’issu du classement des idées. Celle-ci dirigera notre résonnement.

II. Bâtir un plan

 

Après avoir trouver un plan, il nous faut définir les mots de façon plus complète afin de trouver d’autres « sous-problématiques ». Les plus pertinentes d’entre elles créeront les parties et sous-parties de la dissertation. Si une partie est plus longue qu’une autre, il sera toujours possible de la scinder en deux logiquement en dissociant sa problématique. Pour éviter les hors-sujet, il faut vérifier que chaque intitulé comporte un ou des mots clés.

 

III. Plan de l’introduction :

 

*     Phrase d’amorce pour replacer la problématique qui va être exposé. Il faut alors situer et reformuler le sujet

 

*     Problématique clairement exposée.

 

*     Annonce du plan  qui doit indiquer la démarche et la cohérence entre les parties.

 

IV. Composer une transition :

 

Celle-ci doit être la conclusion partielle de la partie et l’introduction de celle qui suit.

 

V. Faire un paragraphe de dissertation :

 

Ne jamais perdre de vue les trois composantes indispensables : l’argument avancé ou idée, l’exemple qui illustre puis le commentaire de cet exemple.

 

VI. Eviter les répétitions

 

User pour cela aussi bien des synonymes que des variantes grammaticales des mots.

 

VII. Composer la conclusion

 

La conclusion se compose d’une réponse à la problématique posée, et d’une ouverture vers un sujet plus vaste, proche de celui traité.

 

VIII. La présentation :

 

Lors de la rédaction, il est nécessaire de soigner l’orthographe, la ponctuation et la syntaxe. Il faut utiliser le « nous » de modestie, présenter le devoir de manière claire et aérée, donner des références précises des œuvres (titre complet, nom de l’auteur bien orthographié), souligner les titre de livres et mettre en guillemet les titre de poème de chapitre et de partie, et enfin, présenter correctement les exemples et les citations (chaque citation doit être suivit d’un développement).

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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 21:38


Dans quelle mesure le mouvement des Lumières est-il aussi un héritage de l’humanisme ?

 

« On ne peut rien voir de plus admirable dans le monde que l'homme. » affirma Pic de la Mirandole en 1486.  Né au XIV° siècle en Italie, l’humanisme est un courant de pensée européen. Croyant au progrès humain et constituant ainsi une philosophie optimiste, elle prend pour sujet d’étude l’homme inscrit au sein de la nature.

Désignant un courrant de pensée du XVIII° siècle ainsi que les philosophes qui s’en réclament, les Lumières trouvent  leur sens dans la devise énoncée par Kant : « Aie le courage de te servir de ton propre entendement. ». Il s’agit là aussi d’un mouvement européen dont les acteurs sont animés par une profonde considération pour les hommes et par leur foi envers le progrès humain.

Aussi pouvons-nous nous demander dans quelle mesure le mouvement des Lumières est-il aussi un héritage de l’Humanisme.

Nous analyserons dans un premier temps les points de convergence notables entre ces deux mouvements, avant de porter notre attention sur leurs divergences.

 

L’Humanisme et les Lumières se remarquent tout d’eux par une attitude critique envers la superstition. Dans le premier, nous pouvons noter Erasme et son Eloge de la folie où celui-ci met en évidence l’aberrance théologienne. L’astrologie est quand à elle jugée par Rabelais dans Lettre de Gargantua. Les philosophes du XVIII° siècle s’opposent aussi à la superstition comme nous pouvons le remarquer avec  l’article Théologie de d’Holbach, Traité sur la tolérance de Voltaire ou encore Lettres philosophiques du même auteur.

L’éloge de la science et de la raison se manifeste aussi dans les deux mouvements. L’Humanisme développe en effet un véritable culte du savoir avec notamment le héros emblématique de Rabelais, Gargantua, qui sera comparé à « un abîme de science » , tandis que Locke sera jugé par Montesquieu comme étant un savant éclairé ; celui-ci mettra en évidence les démarches scientifiques et rigoureuses du philosophe anglais.  

La conception de l’homme et de la dignité humaine se note dans le mouvement humaniste avec De la conscience de Montaigne ainsi que L’Utopie de Thomas More où est dénoncée la barbarie ainsi que toute forme de violence. Au XVIII°siècle Montesquieu avec Lettres Persanes et Voltaire et son Traité de la tolérance dénoncent les excès de la religion et du fanatisme.

 

Ainsi nous avons pu noter les similitudes entre ces deux mouvements, mais qu’en est-il de ce qui diverge ? C’est ce que nous verrons dans un second temps.

 

Principalement, l’humanisme se différencie des Lumières par son objectif. Celui-ci tente en effet de montrer le sublime chez l’homme. Au XVIII°siècle, les philosophes se voulaient être plutôt des arbitres de la société, cherchant à améliorer les hommes. L’homme n’est alors plus au centre des réflexions, mais il s’agit plutôt des hommes en général, des relations qu’ils ont entre eux. La vue des philosophes des Lumières est plus sociologique.

De plus, l’Humanisme est davantage portée sur la tradition, l’antiquité, tandis que les Lumières sont un mouvement de coupure entre l’ancien, se tournant alors vers le progrès et le moderne. En outre, on note la conciliation que les humanistes font entre la raison et la religion tandis que les philosophes du XVIII°siècle prône l’entendement en dénonçant le superstitieux. La religion se mêle aussi avec le scientifique dans les écrits de Rabelais, chose condamnée par les Lumières.

 

Ainsi, nous pouvons affirmer que par les similitudes observées, le mouvement des Lumières est un héritage de l’humanisme. Cependant, ce dernier fixe son observation sur l’homme, tandis que l’autre observe les liens entre les individus et les hommes en général. Elle prône aussi la science sans la mêler de religieux comme peut l’avoir fait Rabelais. Ainsi, les Lumières est une évolution de l’Humanisme.

Mais qu’en est-il des différences et des similitudes entre le classicisme et les Lumières ?

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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 21:36


Quelle place occupe le rire et l’ironie dans les textes des Lumières ? En quoi sont-ils une arme contre la superstition, les persécutions et l’ignorance ?

 

Forme d’expression par laquelle on se moque de quelqu’un, de quelque chose, d’une idée, l’ironie consiste essentiellement en un décalage humoristique entre ce qui est dit et ce que l’on cherche à faire comprendre. Notamment utilisé par Voltaire dans Candide, le Portatif, De l’esclavage des Nègres etc. et par Montesquieu avec Lettres Persanes, elle fut l’arme privilégiée des philosophes du XVIII° siècle.

Aussi pouvons-nous nous demander quel fut le rôle de l’ironie dans les textes des Lumières et en quoi est-il avantageux de l’utiliser dans les critiques.

Nous analyserons dans premier temps la place de l’ironie dans les textes philosophiques du XVIII° siècle, avant de porter notre attention sur les avantages de cette arme.

 

L’ironie se traduit par plusieurs procédés rhétoriques. Dans ce sens, on note l’antiphrase qui consiste à dire le contraire de ce que l’on veut faire comprendre. La litote, une forme d’atténuation, peut elle aussi être utilisé ironiquement. La prétérition qui consiste à dire ce que l’on ne veut pas dire, l’hyperbole et l’ajout de commentaires décalés, sont aussi utilisés.

Dans une argumentation, l’ironie consiste à donner la parole à son adversaire pour montrer avec humour, les lacunes de son raisonnement. Dans une énonciation, l’auteur met délibérément une distance entre lui et son énoncé. L’ironie fut souvent utilisée par les philosophes les plus révoltés du XVIII° siècle. Voltaire par exemple, qui fut connu pour ses exiles répétées, est l’auteur de Candide, Traité sur la tolérance, Zadig, Micromégas, Lettres philosophiques et bien d’autres. A ses débuts, il utilisait énormément cette arme qui relève dans le Portatif de l’ironie dite « progressive ». Elle consiste à leurrer le lecteur avant de le désabuser. Beaumarchais quand à lui, utilisa cette forme de critique pour le monologue du Mariage de Figaro tandis que Montesquieu dans Lettres persanes avance ses critiques par le biais des railleries de Rica, un héros vif, joyeux et perspicace. L’ironie étant une forme polémique réprimée au XVIII°siècle, seuls certains auteurs se sont risqués à l’employer. On la retrouve cependant dans de nombreux pamphlets.

Ainsi nous avons vu la place de l’ironie chez quelques philosophes des Lumières, mais quel est l’intérêt de cette forme littéraire ? C’est ce que nous verrons dans un second temps.

 

Dans une argumentation, l’ironie est une arme très efficace car elle place les rieurs de son côté. De plus, par l’utilisation de ce persiflage, l’auteur habitue le lecteur à se méfier des apparences, lui apprenant le scepticisme tout en luttant contre les préjugés. Ainsi, l’ironie est une forme philosophique et pédagogique. Les superstitions sont ainsi condamnés (Exemple : Candide de voltaire avec la scène de l’autodafé). Il s’agit pour le lecteur de se demander en quoi les superstitions ont-elles des bases tangibles. Les persécutions sont quand à elles dénoncées par Voltaire avec Traité sur la tolérance (1763) où l’auteur utilise une nouvelle fois l’ironie pour mettre en évidence les superstitions, et l’intolérance religieuse. Il s’agit là d’interroger le lecteur sur la légitimité de l’intolérance. De plus, De l’horrible danger de la lecture (1765) dénonce de manière railleuse l’ignorance. De plus, on remarque que l’ironie se ressent dès le titre avec une hyperbole (due à l’utilisation du terme « horrible »).

 

Ainsi, l’ironie a une place prédominante dans les textes des Lumières. Notamment utilisée contre l’ignorance, les superstitions et les persécutions, elle joue un véritable rôle pédagogique en ralliant les lecteurs grâce au rire, et en les habituant à se méfier des apparences.Bien plus tard, l’ironie sera utilisée par G. Orwell pour dénoncer le totalitarisme stalinien.

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